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Big Five ou MBTI : lequel croire ?
Pour te connaître, le MBTI est un bon point de départ pour la conversation, le Big Five un meilleur outil de mesure. Le MBTI te range dans l'un de 16 types ; le Big Five te situe sur cinq échelles continues. Quand on repasse le MBTI, environ une personne sur deux change de type, de l'aveu même de son éditeur. C'est pour cette raison que la recherche en psychologie travaille avec le Big Five.
Ce guide compare les deux honnêtement : ce que chacun fait bien, ce qu'il fait moins bien, et comment choisir selon ce que tu cherches.
Deux histoires très différentes
Le MBTI (Myers-Briggs Type Indicator) part d'une théorie. En 1921, le psychiatre suisse Carl Gustav Jung publie Types psychologiques. Katharine Cook Briggs et sa fille Isabel Briggs Myers s'en inspirent pour construire un questionnaire, dont la première version date de 1943, selon l'historique publié par The Myers-Briggs Company, son éditeur actuel. Elles ajoutent une quatrième paire de préférences à celles de Jung, ce qui donne les 16 types connus aujourd'hui.
Le Big Five part des mots. Son idée, qu'on appelle l'hypothèse lexicale : si une différence entre les gens compte, la langue a forcément inventé des mots pour la dire. Des chercheurs ont donc rassemblé des centaines d'adjectifs qui décrivent le caractère et regardé lesquels vont ensemble. En 1990, le psychologue Lewis Goldberg publie dans le Journal of Personality and Social Psychology une série d'études portant sur plus de 1 400 adjectifs : la même structure en cinq grandes dimensions revient, quelle que soit la méthode d'analyse. Le modèle n'a pas été imaginé d'avance ; il a été trouvé dans les données.
Ce que le MBTI fait bien
Il serait injuste de balayer le MBTI d'un revers de main. Son vocabulaire est accessible : « introverti », « extraverti », « plutôt dans le concret » ou « plutôt dans les idées », chacun comprend en quelques minutes. Il ne parle que de préférences, jamais de défauts, ce qui met à l'aise. En équipe, il donne un langage commun pour parler de différences qui, sans lui, tournent vite au reproche : « il ne décide jamais », « elle tranche trop vite ». Beaucoup de gens ont découvert grâce à lui qu'on pouvait réfléchir à sa propre manière d'être. Ce n'est pas rien.
Où le MBTI coince
Les cases ne collent pas aux gens. Le MBTI tranche chaque dimension en deux : tu es « I » ou « E ». Or la plupart des gens se situent près du milieu. En 1989, les psychologues Robert McCrae et Paul Costa ont comparé le MBTI au Big Five chez 468 adultes, dans un article du Journal of Personality : ils ne trouvent aucun signe de types réellement distincts. Le questionnaire mesure bien quatre dimensions, mais ce sont des échelles continues, pas des catégories.
Le type change quand on repasse le test. Conséquence directe des cases : une personne proche de la frontière bascule d'un côté ou de l'autre d'une fois sur l'autre. Dès 1993, le psychologue David Pittenger notait, dans le Journal of Career Planning and Employment, qu'à quelques semaines d'intervalle une grande partie des personnes obtiennent un type différent. L'éditeur du MBTI le reconnaît lui-même sur sa page « MBTI Facts » : environ 50 % des gens retrouvent le même type en quatre lettres au second passage, et 90 % retrouvent au moins trois lettres sur quatre. C'est bien mieux que le hasard, mais un résultat qui change une fois sur deux ne peut pas servir à grand-chose de précis.
Il manque une dimension. Toujours selon McCrae et Costa, les quatre échelles du MBTI recoupent quatre des cinq dimensions du Big Five. La cinquième, la façon dont on vit le stress et les émotions, n'a pas de place dans le MBTI. C'est pourtant l'une de celles qui pèsent le plus au travail.
Enfin, l'éditeur précise lui-même que le MBTI n'est pas conçu pour sélectionner des candidats ni pour décider d'une affectation. C'est un outil de discussion, présenté comme tel.
Le tableau comparatif
| MBTI | Big Five | |
|---|---|---|
| Point de départ | Une théorie (Jung, 1921) | Les mots de la langue, analysés statistiquement |
| Résultat | Un type parmi 16 | Une position sur 5 échelles |
| Nuances | Tout ou rien sur chaque dimension | Un peu, moyennement, beaucoup |
| Stress et émotions | Non mesurés | Une dimension à part entière |
| Au second passage | Environ 1 personne sur 2 change de type | Pas de case : un petit écart de score reste un petit écart |
| Point fort | Vocabulaire simple, discussion en équipe | Précision, référence de la recherche |
Et le site « 16 personnalités » ?
Beaucoup de gens pensent avoir passé le MBTI alors qu'ils ont passé le test gratuit du site 16Personalities. Ce n'est pas le même outil. Sur sa page « Our Theory », le site explique qu'il reprend le format en lettres du MBTI pour sa simplicité, mais que ses dimensions sont un remaniement du Big Five, avec une cinquième lettre, et sans les « fonctions cognitives » de Jung. Autrement dit : un habillage en 16 types, posé sur des échelles proches du Big Five. Le découpage en cases, lui, reste, avec les mêmes limites pour les gens situés au milieu.
Lequel croire ?
Tout dépend de la question que tu te poses.
- Tu veux ouvrir une discussion en équipe, avec des mots simples et sans enjeu : le MBTI fait le travail, à condition de prendre le type comme une conversation et non comme une étiquette.
- Tu veux un portrait nuancé de toi, pour réfléchir à ton travail ou à ta reconversion : le test Big Five est le meilleur choix, parce qu'il dit à quel point, et pas seulement de quel côté.
- Tu cherches vers quel métier aller : ni l'un ni l'autre ne suffit. La personnalité dit dans quelles conditions tu donnes le meilleur de toi ; ce qui te plaît relève d'un test d'intérêts comme le test RIASEC.
Un repère simple
Si ton résultat te décrit parfaitement une fois et plus du tout la fois suivante, ce n'est pas toi qui as changé : c'est la case qui était trop étroite. Une échelle, elle, montre que tu étais simplement près du milieu.
Le Big Five de PraxiQuest, en toute transparence
Sur PraxiQuest, le Big Five s'appelle La Grande Cartographie : 128 affirmations, les cinq dimensions détaillées en 30 facettes, environ 25 minutes. Il suit le modèle de la recherche, mais notre questionnaire, lui, a ses limites : son barème est encore provisoire et n'a pas été étalonné sur une population de référence. Les écarts entre tes dimensions sont donc plus parlants que les chiffres pris un par un. Ce n'est pas un outil de diagnostic, et PraxiQuest ne propose pas de MBTI.
Si tu hésites entre plusieurs tests, la page tests de personnalité les présente tous. Sinon, le plus simple reste de commencer par le Big Five.
Commencer la Grande CartographieSources
The Myers-Briggs Company, « MBTI Facts » et historique du MBTI (themyersbriggs.com). Pittenger, D. J. (1993), « Measuring the MBTI… and coming up short », Journal of Career Planning and Employment, 54(1). McCrae, R. R. et Costa, P. T. (1989), « Reinterpreting the Myers-Briggs Type Indicator from the perspective of the five-factor model of personality », Journal of Personality, 57(1). Goldberg, L. R. (1990), « An alternative “description of personality”: the Big-Five factor structure », Journal of Personality and Social Psychology, 59(6). 16Personalities, « Our Theory » (16personalities.com).
Questions fréquentes
Le MBTI est-il fiable ?
Il est utile pour ouvrir une discussion, moins pour mesurer. Selon son propre éditeur, environ 50 % des personnes retrouvent le même type en quatre lettres quand elles repassent le test. Les recherches publiées, notamment celles de McCrae et Costa (1989), ne trouvent pas de types réellement distincts.
Quelle est la différence entre le MBTI et le Big Five ?
Le MBTI part de la théorie de Jung et te range dans l'un de 16 types. Le Big Five est issu de l'analyse des mots qui décrivent le caractère et te situe sur cinq échelles continues : ouverture, rigueur, extraversion, agréabilité et sensibilité émotionnelle.
Le test 16 personnalités, c'est le MBTI ?
Non. Le site 16Personalities reprend le format en lettres du MBTI, mais explique sur sa page « Our Theory » que ses dimensions sont un remaniement du Big Five, avec une cinquième lettre, et sans les fonctions cognitives de Jung.
Peut-on utiliser le MBTI pour recruter ?
Son éditeur lui-même indique que le MBTI n'est pas conçu pour sélectionner des candidats ni pour décider d'une affectation. Il le présente comme un outil de connaissance de soi et de discussion.
Quel test de personnalité choisir pour son orientation ?
Le Big Five donne un portrait nuancé de ta manière d'être, utile pour savoir dans quelles conditions tu travailles le mieux. Pour savoir vers quels métiers aller, complète-le par un test d'intérêts comme le RIASEC.
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